Tantara : Alphonse Rakotonirainy et le mystère du crash de l’Alouette III

40 ans après le décès du Lieutenant-Colonel Alphonse Rakotonirainy, le mystère demeure autour du crash de l’hélicoptère Alouette III. Les enquêtes menées n’ont jamais permis de déterminer les causes de l’accident…

Les faits

30 juillet 1976. L’hélicoptère Alouette III, transportant alors plusieurs hautes personnalités, dont quelques ministres et le Lieutenant-Colonel Alphonse Rakotonirainy en vue d’une éventuelle mission, fait un atterrissage forcé au sommet d’une colline à Andrakapila Andasibe. Le pilote aurait pris cette décision après avoir constaté un bruit inhabituel provenant du moteur. Malheureusement, ce dernier n’est pas parvenu à redresser l’appareil à temps. L’engin a percuté le flan de la colline, entraînant la mort de sept personnes, dont Alphonse Rakotonirainy. On n’en saura jamais plus sur cette affaire.

Une affaire rapidement classée

Les autorités judiciaires d’Antsirabe sont venues sur les lieux pour les constats d’usage. Une enquête préliminaire a été instruite par la circonscription régionale de la Gendarmerie d’Antananarivo en liaison avec les autorités judiciaires d’Antsirabe. Une commission technique militaire a également été constituée sous la direction du Lieutenant Colonel Raymond Rakotonirina de l’armée de l’air. L’Alouette III étant de fabrication française, les experts de la société Turbomeca, fournisseur de turbines, sont arrivés le 2 août. Toutefois, on les a empêchés de descendre sur le terrain, sur les ordres de la Présidence… Ils ont dû attendre que l’épave arrive dans la capitale avant de pouvoir entamer leur diagnostic. Sur la seule base d’observation des débris hors contexte, les experts ont conclu qu’il s’agissait d’un « simple accident ». Leur rapport, tout comme celui de la partie malgache, n’a jamais été publié et demeure introuvable.

13823439_278740659162368_1421631157_n
Le Lieutenant-Colonel Alphonse Rakotonirainy

« C’est un accident vraiment étrange. Une déviation de quelques mètres aurait suffi pour éviter le crash, mais apparemment, le pilote n’a pas eu cette présence d’esprit. La vérité n’a jamais été trouvée… C’est comme ça à Madagascar ! On ne sait jamais ce qui se passe ou ce qui s’est passé. Les erreurs du passé réapparaissent, encore et encore. C’est malheureux ! », a déploré Sylvia Malalanirina Rakotonirainy, sa fille aînée, le 27 juillet dernier, lors d’une porte ouverte à la Bibliothèque militaire Fiadanana, une institution qui porte le nom de l’illustre lieutenant. La famille du défunt évoque un manque de considération des autorités, et plus même… Un manque de considération de l’histoire, du passé…

Un livre retraçant la vie et la mort du Lieutenant-Colonel Rakotonirainy a été récemment publié. Écrit par Sylvia Malalanirina Rakotonirainy elle-même, celui-ci raconte la vie et les aventures d’un homme à la grande bravoure et dont l’amour de la patrie est tout simplement incommensurable.

Biographie d’Alphonse Rakotonirainy

Né en 1936, Alphonse Rakotonirainy s’est démarqué par son courage et son immense bravoure. En 1955, après le décès de son père, le jeune homme qui était alors en classe de Première, décide de participer au concours d’entrée à l’académie militaire. Fraîchement sélectionné, Alphonse part en France pour apprendre les ficelles du métier. Il passe rapidement les étapes pour obtenir les différents grades. Formée à Strasbourg, sa promotion a été primée en 1960.

 

13867139_278740645829036_587025543_n
Hommage au Lieutenant-Colonel Alphonse Rakotonirainy

Avec ses compères, Alphonse Rakotonirainy rejoint ensuite la guerre en Algérie. Il s’agissait d’une véritable opportunité, les autres promotions devant encore suivre plusieurs mois de formation avant de pouvoir participer à la bataille. Après la guerre, le Général Gabriel Ramanantsoa l’appelle à revenir à Madagascar afin d’intégrer pleinement l’Armée Malagasy. Souhaitant servir sa patrie, Alphonse Rakotonirainy abandonnera volontairement sa nationalité française.

Le Lieutenant Colonel Alphonse Rakotonirainy aura été le troisième chef de l’État-major de l’Armée Malagasy, succédant dignement au Général de division Gabriel Ramanantsoa et au Général de Brigade Philibert Ramarolahy. Il meurt dans un accident d’hélicoptère le 30 juillet 1976, à seulement 42 ans.

Samantha Mandresy pour Buskers Magazine

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s