Literatiora : Le « Bazar » de Gad Bensalem

Eh oui, nous sommes déjà vendredi, le rendez-vous des aficionados de la littérature malgache sur ce war and blogzine. Donc, pour terminer cette semaine sur une note poétique tout en nous accordant un moment de réflexion, Gad Bensalem nous parle à travers son texte intitulé « Bazar ». Bonne lecture !

Bazar…

A défaut de tolérance,
Nos taules sont devenues des lieux d’errance
Où des bandits vagabondent
Puisqu’on dit que les vagues de la vie abondent !

A Madagascar, il y a des fakirs qui hypnotisent nos cœurs et la famine qui ronge nos corps sans qu’on nous propose des cures,
Là je caricature !
Nos administrateurs ont tort quand ils tirent un trait sur le futur, l’avenir, alors qu’on a un retard à remplir !
Quel bazar !
On dit qu’on est un vrai trésor mais qu’on court à loisir à l’usure, besoin de catalyseur :
Il y en a qui nous catalogue parmi les loosers, les catastrophes
Et c’est un cas analogue quand ils nous enseignent nos profs !

A cause de la corruption,
Vivre dans la rue est devenu une option pour beaucoup d’entre nous puisque les pourboires ne suffisent plus à nourrir ni à redonner du sourire à nos coureurs,
Leur carrure semble tellement faible et ce, dès l’aurore !
C’est si rare que nous soyons forts et le souffle si rafraîchissant de ce zéphyr sera accueilli en fanfare
Et les gaffeurs ne seront plus, ils furent !
Mais malheureusement, le gagnant s’endort toujours plus facilement, rien à dire
Et c’est plus dur quand ce sont nos décideurs qui décident de lever trop tôt l’étendard de la victoire
Alors qu’il y a des renards qui sont loin de perdre leur nord et qui ont dans leur souvenir un semblant de bonheur… ils n’hésiteront pas à nous intoxiquer au cyanure !
On en a marre !
Au fait, la mort nous a dans sa ligne de mire et puisqu’on est sans armure, on meurt, ça c’est sûr !
Je ne suis pas froussard mais je ne veux pas que mes sœurs subissent le sort des abeilles dont on dérobe la cire !
A défaut d’eau dans mon jard, je te le jure que quelques fois j’ai envie de réagir mais justement la soif est devenue mon problème majeur alors je dis : mission impossible Major !

A défaut de loyauté,
Nos gens de loi nous ont ôté le droit d’avoir, le droit de voir
Et puisqu’ils ont le pouvoir, ils ont oublié leur devoir :
Ce sont des bavards qui dévorent avec ferveur et sans bavure les provisions dans notre navire, est-ce notre faute s’il chavire ?
Notre mutisme est le « off-shore », le bateau de secours qui les emportent hors des journaux, hors des brochures… la pauvreté est le char qui nous déchire tels un tissu de Chine et nous emporte le peu de fraicheur qui nous est si chère !

A défaut de démocratie,
Plus que jamais, il nous faut des mots gratuits pour démontrer qu’aujourd’hui,
On ose tutoyer le peuple,
On ose côtoyer le diable,
On se propose même d’écouter le plaidoyer des coupables…
Ça c’est un coup bas… et c’est de là que nait le combat !
Heureusement, arrivera ce temps où irresponsables et ennemis de la nation auront à payer leur abus de fonction car jusqu’ici urne rime avec supercherie et bien sûr ceux qui ont su profiter de la perche rient !
Et puisqu’ils sont sur le trône, ce sont des monstres assis,
A défaut de démocratie !
Irrémédiablement, nous avons ordre de nous battre hardiment et c’est urgent… à ce moment là, est-ce que nous aussi nous ne saurons pas le sens du mot eurêka ? Si !
Pour ma part, pour éviter le pire et dénoncer ces porcs qui nous font peur avec leur pure invention,
De mes brulures, j’en fais de l’art sans me préoccuper de leur dollar ni de l’heure car même si ce sont des délires, ça au moins ça vaut de l’or !

A défaut de tolérance,
Nos taules sont devenues les lieux d’errance
Où des bandits vagabondent
Puisqu’on dit que les vagues de la vie abondent !

Moi, j’abandonne pas
Car même si j’ai les yeux hagards
Et que je ne serai jamais Senghor,
Je fais confiance en l’augure
Et avec un peu de vigueur
Au lieu de languir
Je pose la première pierre pour bâtir l’Avenir !

Gad Bensalem

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Gad Bensalem

Sur ce beau sourire de Monsieur le poète, l’équipe vous souhaite : un bon week-end !

Buskers Magazine

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