Voots’Dahy : Une OSNI (Onde Sonore Non Identifiée) à Antananarivo !

Vendredi 2 septembre 2016, à 21 heures pétantes, en plein centre-ville d’Antananarivo, à cinq minutes de la surannée gare de Soarano, une OSNI a atterri pour s’élever. Cette Onde Sonore Non Identifiée était composée d’éléments dont même Mendeleïev en personne n’aurait osé rêver. Curieux, nous ne pouvions que nous en approcher, et nous avons pu lire : « Voots’Dahy ».

Voots’Dahy. Mais qu’est-ce ? En poursuivant le décryptage, nous sommes tombés sur la mention : « Voots Kongregation ». Nous ne nous interrogions guère sur ce que « grégation » signifiait, mais c’est la beauté d’une bonne partie de leur membre qui nous a interpellés…

Voots’Dahy était constitué de Rolf à la Basse, Naday à la guitare, Natiana à la batterie, et Lewiky au Jijy et toast. Cette pièce montée était harmonieusement décorée de cinq muses à la voix envoutante, car oui, Imiangaly, Mahalia, Abi Rakoto, Tasha Randria et Bodoniaina n’ont pas donné que du plaisir aux ouïes, mais nous ont également régalé les yeux. Dès qu’elles se sont levées de leur table, on s’acharnait à trouver un opticil pour nettoyer nos verres afin d’en apprécier le clou du spectacle.

Des femmes, toujours des femmes, mais quelles femmes ! Non contentes d’accompagner ceux qui étaient déjà sur la scène, elles ont pris leur courage à deux mains pour s’émanciper fièrement et chanter seules. Leur nom ? Hélas non, pétrifié comme nous étions, nous n’osions demander. Si Aznavour avait sa bohème, les Voots’Dahy avaient leur BM. Du beat-box dubstylé à grand renfort d’électronique était la petite récréation dans ce mélange de genre.

Voots’Dahy ? Juste un kaléidoscope musical qui va loin dans la recherche de l’esthétique. Même si l’ensemble aura du mal à faire l’unanimité, il y aura forcément une part qui séduira le mélomane qui est en vous. Rythme, précision et richesses sont brodés habilement. Une bonne partie des compositions relève d’une mixture expérimentale des composantes de la musique malgache, avec une bonne couche de crème au rock, du reggae et même du ragga. Et si ce n’était pas ça, ça devait s’en inspirer largement… Il y a bien ceux qui préfèrent boire les scotches secs, mais il est faux de croire que personne n’aime les cocktails savants, concoctés avec une passion dévorante !

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En tout, c’est bien ce que cette formation a fait vivre au public timoré de l’Hôtel de l’Avenue. Un bouquet de style qui est fait pour tout le monde, mais surtout pour les exigeants culturels. Dans la dernière partie du spectacle, nous avons pu voir sur scène Miora Rabarisoa à la batterie et quelques autres talentueuses surprises pour égayer l’assistance. Certes, Voots’Dahy n’ont pas fait salle comble, mais les gars ont bien comblé ceux qui ont témoigné de leur présence.

Billy Verydick pour Buskers Magazine

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