Tija – Malagastar : De l’orphelinat au volant d’une Ferrari

Les clés d’un business à l’international entre les mains, Tija, jeune entrepreneur malgache résidant en France, met le cap sur la réussite en dirigeant stratégiquement le groupe Malagastar Prod. Celui qui nous a fait découvrir Paris, avec entre autres le single Tsy Anjara en mars 2016, nous parle de son parcours, de Befelatanana à Toulouse, de la poussette de l’orphelinat au volant de sa Ferrari : en avant toute !

BSK : Tija, peux-tu te présenter brièvement ?

Tija : J’ai 26 ans, je suis le fondateur et PDG du groupe Malgastar Prod. Je réside en France depuis mon plus jeune âge, bien je sois né à Befelatanana (Antananarivo).

BSK : A la tête de Malgastar Prod, et pas que… ?

Tija : Bien entendu, comme tout homme d’affaires, mes ambitions ne tournent pas autour d’une seule activité. Dans ce sens, je suis également propriétaire de la chaîne Malagastar Beauty Expert, avec ma maquilleuse Pipisou, et investisseur dans l’exportation de produits locaux.

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Tija : de l’orphelinat au volant d’une Ferrari…

BSK : Vu tes actions à travers le groupe, pourrait-on dire que tu es un « producteur » ?

Tija : Plus ou moins… Le statut de « manager » m’irait mieux, si l’on se réfère à mes réalisations.

BSK : Tu es à la tête d’un business plutôt florissant ?

Tija : J’ai énormément investi à Madagascar, et ce dans plusieurs domaines : Comme toute récolte, il faut bien savoir planter ! Et je dirais que ça commence à devenir très intéressant.

BSK : Un parcours n’étant pas sans aléas…

Tija : Effectivement ! Dans la partie immergée de l’iceberg se cache d’énormes sacrifices et une importante concession financière. Le clip « Black Swan » sorti en 2013 fait partie de mes plus grands investissements. Il nous a fallu trois mois de préparation et un budget assez conséquent pour obtenir un rendu digne d’une grande maison de production. Toute une équipe a été mobilisé durant le tournage à Cannes. Le clip « Dadabe Noely » vient en seconde position, qu’on pourrait classer comme moyenne production. Avec Malagastar Prod, la distance était une difficulté pour la réalisation de mes projets. Heureusement, j’ai le privilège d’avoir une personne de confiance au pays, Farise, qui me représente sur place. Sinon, certaines mentalités relatives à l’ouverture ont tendance à compliquer mes négociations professionnelles.

BSK : Tija, on peut dire que tu a mis le cap sur la réussite ! Quel est ton secret ?

Tija : Je suis loin d’être un exemple, j’ai arrêté l’école trop tôt… Les profs ne cessaient de me dire que je n’allais pas avoir d’avenir, que je faisais partie de ces « bons à rien ». Ces propos n’ont fait que booster ma volonté de m’en sortir ! Comme je l’ai dit, cela n’a pas toujours été facile, mais j’essaie au maximum de positiver en cas d’échec.

BSK : Parlons de Malagastar. Peux-tu développer sa mission ?

Tija : Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que Malagastar est à l’origine un site internet unique dans son approche pour la promotion des talents malagasy du monde entier. Notre mission est de valoriser la culture Malagasy si riche et variée. C’est également d’apporter un support visuel à travers notre page Facebook, suivie par 53 000 followers.

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Fondateur et PDG du groupe Malagastar Prod

BSK : Vos récentes publications, notamment l’apparition de ton artiste Paris avec des gardes du corps à ses côtés, ont suscité la polémique sur les réseaux sociaux. Il en est de même pour tes statuts majoritairement écrits en français. Qu’en penses-tu ?

Tija : Concernant mes publications en français, j’ai choisi cette approche car j’ai des followers francophones… Quant aux gardes du corps, je tiens à préciser que cette prestation a été exigée par la production, et non par l’artiste. N’est-il pas normal, si ce n’est un devoir, pour un manager d’assurer à distance la sécurité de son équipe ? Je ne comprends pas cette indignation… De toute façon, la critique n’a jamais aidé à bâtir un empire !

BSK : Tu a décidé de produire Paris. Pourquoi ce choix ?

Tija : Quand elle est venue se présenter, j’ai tout de suite senti du talent inexploité chez Paris. Polyvalente tout en imposant identité artistique, elle nous envoûte avec sa voix unique… si douce ! Son côté fragile fait également sa force. Je vous le dis, elle peut aller loin dans la musique. Selon moi, le fait de savoir chanter, ni d’être populaire, ne fait pas d’une personne un artiste. Pour prétendre à cette carrière, il faut être capable de s’adapter à n’importe quel rythme et avoir un certain état d’esprit. La musique est avant tout une passion, et ça, Paris l’a comprise !

BSK : Malagastar a récemment publié une photo de Paris avec Shyn et sa femme Deenyz, faisant planer le doute autour d’une éventuelle collaboration. Pourrais-tu nous en dire plus ?

Tija : Shyn et Deenyz sont des artistes talentueux et il est tout à fait possible qu’il se passe quelque chose. L’avenir nous le dira.

BSK : Et concernant le nouvel artiste que Malgastar Prod compte dévoiler, quels sont vos projets ?

Tija : Pour recruter son nouvel artiste, Malagastar Prod a mis en place un jeu accessible à tous. Tout le monde peut émettre son avis en commentant les publications des prétendants. L’équipe considérera méticuleusement chaque commentaire. Et je tiens à rappeler qu’il y a 300 000 Ar à gagner donc… à vos claviers !

BSK : Sinon, comment perçois-tu la concurrence ? Considères-tu les autres productions comme une menace ?

Tija : Bien qu’il existe quelques grosses productions, qui notons-le sont toutes respectables, je ne subit aucune pression pour l’instant. De toute façon, nous partageons la même passion. Nous devrions nous entraider afin de promouvoir la culture Malagasy au-delà de nos frontières.

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BSK : Tija, tu en parles rarement mais tu a passé une partie de ton enfance dans un orphelinat de la capitale…

Tija : C’est exact, mais mes souvenirs sont vagues. Heureusement, il me reste quelques photos.

BSK : D’où tes deux prénoms : il y a ceux qui t’appellent Tija et d’autres Antoine ?

Tija : Je suis né sous le prénom malagasy Tija et je n’oserais renier mes origines, mes racines ! Ce sont les personnes qui me côtoient quotidiennement qui m’appellent Antoine.

BSK : Ces bribes de souvenirs, pourrais-tu les développer ?

Tija : Je me souviens qu’on ne manquait de rien. Je suis issu d’une famille modeste, mais mes parents faisaient leur maximum pour nous rendre heureux. Ils m’ont appris que rien ne tombait du ciel et qu’il fallait que je travaille dur pour obtenir ce que je voulais. Je suis très proche de ma mère que je considère comme ce que j’ai de plus cher ! Je ne rate pas l’occasion de la remercier. J’ai également un frère aîné.

BSK : Avec tous ces projets, ton programme doit être assez chargé. As-tu quand même du temps pour toi ?

Tija : J’essaie de gérer. Tout est une question d’organisation et de gestion. J’avoue qu’au début, c’était plutôt difficile.

BSK : Tija, comment te vois-tu à d’ici quelques années ? Toujours dans la production d’artistes ?

Tija : Dès que mes objectifs professionnels seront atteints, je pourrais me concentrer un peu plus sur mes projets disons plus..personnels.

BSK : Et pour conclure, si tu venais passer un court séjour à Madagascar, quel serait ton souhait ?

Tija : J’irais rencontrer un maximum de personnes, discuter avec des artistes et des danseurs. J’envisage également de visiter un orphelinat pour le parrainer, c’est important pour moi ! Sinon, ce serait bien d’avoir un peu de temps pour me ressourcer aussi…

BSK : Merci et à bientôt.
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