Duuude ! Tu veux tourner un clip ? Fonce à La Réunion Kely …

Un clip ? Fonces à la Réunion Kely …  

Propagande d’image ou envie d’alerter l’opinion ? Pour évoquer nos nantis et nos laissés pour compte, les clips malgaches ont aussi décidé d’apporter leur grain de sel. Et le village, le capharnaüm, le bidon-ville, la brocante au bord du canal d’Andriantany : la Réunion Kely a été élu le meilleur spot pour embellir les vidéos qui jalonnent les émissions de variété sur les chaînes TV. Permettant au passage à l’artiste de faire scintiller sa bonne conscience. A chacun ses méthodes.

D’abord, il y a le clip qui frappe par sa qualité visuelle. Des images pures, sans plis, où les ombres sont de véritables sculptures grecques. Le tout renforcé par des retouches léchées et des réglages poussés à fond. Avec le petit plus à la mode, le drône muni d’une caméra. Car la boue, les monticules d’ordures ici et là, les gosses morveux, … sont noyés dans cette profusion de techniques cinématographiques lancée par la réalisation. De telle manière que  la Réunion Kely soit devenu en trois/quatre minutes un lieu de villégiature.

Il y a celui qui choisi la manière, dès lors la technique passe en second plan. Le gars, il se tasse dans l’une des huttes faites de sachets et de carton, et lance ses paroles révoltées contre un quelconque système. Tel un ami compatissant du petit, très petit peuple. Ici les images sont plus sombres, forçant sur le contraste, rappelant la profondeur du noir et blanc. Et comme option, il se pourrait qu’il y ait un individu qui balance le drapeau national pour apporter plus de volume au message. Là, la Réunion Kely et ses petits très petits peuples semblent retrouver un instant d’espoir. C’est tout.

Il y a aussi celui qui mêle les deux premières catégories, avec un degré varié de technique ou de manière. Lui, il est facile à comprendre. Il veut faire comme les autres. Juste suivre le mouvement pour éviter tout risque d’être qualifié de sans cœur. Pareils aux gens qui adorent les lieux annoncées par les prêtres du « full life » comme le « là-où-il-faut-être-vu ». Ce dernier donc, il est là pour assurer cette fonction. Avec lui, la Réunion Kely et ses petits très petits peuples ne sont là que pour jouer les spectateurs d’un relent de mondanité.

Et enfin, il y a ce mec. Il est sans doute le seul dans sa catégorie. En un mot, la Réunion Kely s’est transformée en plancher pour ses pitreries. A croire que c’est sa manière de porter en miroir la condition de ces petits très petits peuples. Sans doute, il a cru que chez ces pauvres gens, il peut tout se permettre car après tout, qu’est ce qu’ils peuvent bien faire. Eux qui subissent chaque jour sans rechigner. Dédaignant la dignité du lieu que ses occupants peinent tant à garder. Alors le « maître Pitre » s’en est donné à cœur joie, lisible à sa manière de s’adresser à la caméra. Mais en bon enfant, d’après ce qui se voit sur le clip, les riverains semblent s’amuser de ce chanteur un peu bizarre.

En tout cas, à chacun de porter son message, peut être que tout cela réveillera des vocations aux petits de la Réunion Kely pour qu’ils s’en sortent vraiment.

Un article de Maminirina Rado

Pour note, le bidon-ville « La Réunion Kely » se situe à mi-chemin entre Ampefiloha et Andavamamba. Il se déroule le long du canal Andriantany, aujourd’hui derrière un mur en brique… On a pioché au hasard cette mini-vidéo réalisé par Hazavana Manouh’ymage pour vous faire découvrir les lieux.

Buskers Magazine Madagascar

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