261Indieradio : Big up à la webradio des artistes indé !

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Avec cette webradio à laquelle je suis abonnée depuis août dernier, mes heures de boulot passent plus vite et mon univers musical ne cesse de s’élargir.

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261Indieradio, c’est une petite webradio marginale qui met en avant la culture indie/indépendante de Madagascar et… d’ailleurs. À en croire sa page Facebook, cette plateforme aurait déjà existé depuis 2014. Néanmoins, ce n’est qu’au courant du mois d’août dernier que nos destins se sont croisés, et quelle belle rencontre ! C’est clair, la programmation de 261Indieradio sort des sentiers battus, avec des artistes engagés comme Mota, Imiangaly, Menalotsa, El-Doudh, Doubl’enn, Jah Roots Malagasy Vibration, UXT, Ben J, Naday, MSD et bien d’autres perles de la scène alternative, à défaut d’être populaire, malgache.  Des noms plus « old » apportent leur pierre à l’édifice, à l’instar de Vahombey, Ifanihy ou encore Tselonina. Dans son esprit « open », 261Indieradio m’a permis de redécouvrir quelques artistes étrangers comme Georges Brassens ou Carven Stone, et j’ai bien hâte d’en entendre plus !

Big up !

Haridio

 

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Takelaka Tsara Soratra : 150 raisons d’aimer la littérature malgache

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Après avoir feuilleté en exclusivité la première édition de la revue Takelaka Tsara Soratra, mon verdict est sans appel : c’est un coup de maître ! Dans ses 150 pages nourris par les œuvres originales des auteurs participants, j’ai trouvé 150 raisons d’aimer la littérature malgache.

Ce bouquet littéraire disponible ici, et bientôt dans les bacs des libraires malgaches, ne m’a pas que distrait durant mes pauses au boulot, dans les embouteillages, le soir confortablement installé dans mon nouveau lit piqué chez les menuisiers ambulants d’Ampasapito, mais a adroitement ravivé mon amour pour la littérature et la langue malgache.

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En bref, Takelaka Tsara Soratra, c’est une revue littéraire avec une belle première édition qui m’a permis de découvrir les œuvres de Na Hassi, Andrianetrazafy Hemerson, Riambola Mitia, Avelo-Nidor, Dédé Sorajavona, Nalisoa Ravalitera, Barry Sirjon et un certain Iriana Mpisorona (oui, il est partout.). En tout, 28 auteurs au compteur, dont des écrivains, des dramaturges, des poètes et même des slameurs !

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Un coup de maître, disais-je plus haut, car en plus de réunir toutes les générations d’auteurs, Takelaka Tsara Soratra expose également une large gamme de catégories d’écriture : poèmes, nouvelles, pièces théâtrales, article de blog, proses, etc. Les photos de Rija Solo et de Sophie Bazin enjolivent le bouquet qui sera présenté physiquement sous format format A5. J’ai pris à peu près une semaine pour parcourir à mon rythme les 150 pages de la version bêta de la revue, sur mon Smartphone, et n’attend qu’à recevoir une version physique pour m’y recoller, volontiers. Affaire à suivre

Le petit scoop : le prix de vente de la version physique de l’édition 001 de la revue Takelaka Tsara Soratra est de 10 000 Ar.

Haridio – Buskers Magazine

Conflits de générations : Qui paralyse « La Nouvelle école » ?

Les talents de « La Nouvelle école » n’ont pas les coudées franches dans le secteur artistique malgache. Une corporation de conflits empêche leur émergence, une situation n’étant pas sans créer des tensions entre les générations dans les coulisses de la scène.

Le conflit de générations est un mal qui ne date pas d’hier, mais qui continue d’altérer les relations dans le milieu artistique malgache actuel. Les seniors exposent un besoin d’exclusivité, tandis que les jeunes revêtent un côté rebelle et révolutionnaire. La rivalité se perpétue, donnant lieu à des conflits de plus en plus inquiétants. Les ténors de « La Vieille école », artistes et promoteurs confondus, s’étant imposés sur l’échiquier national ou international constituent un obstacle, ou en créent un, à l’émergence des jeunes talents.

Certains modérateurs ne manquent pas d’initiatives en leur exposant les avantages de laisser le champ libre à la nouvelle génération, au lieu de la paralyser. Dans cette corporation, l’exclusivité tend à devenir une obsession. Du coup, la relève est loin d’être formée. Autrement dit, les conditions ne sont pas réunies ou propices à la mise en place d’une quelconque relève. Ainsi, au moment où les Old-school devront tirer leur révérence, faute de « renouvellement », la scène pourrait bien régresser, voire disparaître.

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Au micro : Tony Owl (The Shiny Happy People), le nouveau symbole de la hype de Madagascar selon La Isla Social Club

« La Vieille école » se décompose en deux catégories d’anciens. La première, qui est la plus vieille, a pris conscience du drame qui se prépare, et défend aujourd’hui le droit d’expression de La Nouvelle école. La seconde, un brin plus jeune, agit en solitaire. Souhaitant encore profiter de leur succès, ce sont les artistes et promoteurs de cette catégorie d’anciens qui nous révèlent parfois une volonté manifeste d’étouffer les jeunes talents dans l’ombre de la scène, de peur de perdre leur place. Mais comme dit ci-haut, peu importe les convoitises et les manigances qui vont avec, toute carrière a une fin

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Vie d’artiste : L’égo, un poison qui a son remède

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L’égo. Tout artiste en a, et pas que peu, surtout dans ce « cercle d’élus » regroupant quelques musiciens, poètes, peintres, danseurs, etc., amateurs ou professionnels. Si certains marginaux parviennent tant bien que mal à calmer leur ardeur pour rester humble, après un ou deux verres, d’autres ne se gênent pas, ou si, d’exposer leur « égo surdimensionné », bien différent de ce que l’on qualifierait d’« estime de soi ». Parlons-en en toute modestie.

Ego et estime de soi, ce n’est pas pareil

Pour faire simple, égo rime avec « paraître ». En gros, c’est cette image que l’on tient à tout prix à renvoyer aux autres. En conséquence, si cette image est exposée à des menaces, souvent des critiques, l’égo se relâche dans un premier temps pour nous protéger, puis pour contre-attaquer.

L’estime de soi quant à elle se base sur l’être. Cette disposition est avant tout inconditionnelle. Peu importe la situation, l’artiste ayant une bonne estime de soi, connait ses qualités et ses valeurs, tout comme ses défauts. Il garde l’esprit ouvert, admet ses imperfections et y remédie si nécessaire.

En pratique, l’artiste avec une faible estime de soi, après avoir connu un certain succès, n’hésitera pas à exposer sa fierté et à se comparer à ses compères. Ce mec-là ressent le besoin implacable de faire savoir à tout le monde qu’il est important. Or, son estime personnelle est faible, le menant à se dévaloriser sans cesse. Il compense habituellement ce manque en travaillant dur, dans le but de prouver aux autres, et à lui-même, sa valeur.

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Au premier abord, ses efforts sont respectables. Reste que son estime personnelle demeure fragile. Et comme le dit le dicton « chassez le naturel, il revient au galop », à la vue de la moindre imperfection dans son entourage, sa susceptibilité refera surface, puisque cette dite anomalie peut refléter la sienne. Pour lui, chaque moment difficile sera synonyme d’humiliation.

Calmons notre égo et travaillons notre charisme en prenant source dans notre estime de soi

C’est vrai, quand on possède un égo grand comme une montagne, on impose ! Néanmoins, ce n’est pas là le charisme qui marquera les esprits. Certes, il existe des artistes qui basent leur charisme sur l’égo pour impressionner, quelques-uns réussissent bien, mais cette prédisposition n’est pas sans risque, pouvant à la fois nuire à nos relations tout comme à notre santé mentale.

Nombreux étaient les chanteurs talentueux au charisme envoûtant, mais qui dans leur vie privée vivaient ou faisaient vivre l’enfer à leur entourage à cause de leur égo démesuré. Ceux-là, on évitera de citer des noms, n’ont pas vraiment connu une fin heureuse, selon les statistiques : suicide, overdose, assassinat, etc. Pour dire que si « on n’en a rien à foutre » de notre environnement, nous commençons déjà à creuser notre propre tombe.

**** Comment reconnaître un charisme basé sur l’égo ? C’est facile, l’artiste se montre agressif face à la moindre menace.

Le véritable charisme, celui que l’on retiendra de l’artiste des décennies durant, s’enracine dans l’estime de soi. Celui qui travaille cette qualité met un point d’honneur à établir un rapport gagnant-gagnant avec son entourage. Il exprime ses besoins, tout en considérant ceux de ses compères. Il accepte les critiques tout en émettant avec tact les siens. En instaurant une relation de confiance avec les autres, on élargit nos horizons, on apprend beaucoup plus et on devient le maître du monde (à prendre au second degré).

Si on a une bonne estime de soi, on n’a plus à faire nos preuves. On s’épanouit au contact de notre entourage et on devient naturellement charismatique. Bref, on devient une source d’inspiration pour les autres. Namaste !

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La Réunion Kely : un nouveau spot de clips

Un clip ? Fonce à la Réunion Kely …  

Propagande d’image ou envie d’alerter l’opinion ? Pour évoquer nos nantis et nos laissés pour compte, les clips malgaches ont aussi décidé d’apporter leur grain de sel. Et le village, le capharnaüm, le bidon-ville, la brocante au bord du canal d’Andriantany : La Réunion Kely a été élue le meilleur spot pour embellir les vidéos qui jalonnent les émissions de variétés sur les chaînes TV. Permettant au passage à l’artiste de faire scintiller sa bonne conscience. À chacun ses méthodes.

D’abord, il y a le clip qui frappe par sa qualité visuelle. Des images pures, sans plis, où les ombres sont de véritables sculptures grecques. Le tout renforcé par des retouches léchées et des réglages poussés à fond. Avec le petit plus à la mode, le drône muni d’une caméra. Car la boue, les monticules d’ordures ici et là, les gosses morveux… sont noyés dans cette profusion de techniques cinématographiques lancée par la réalisation. De telle manière que La Réunion Kely soit devenue en trois/quatre minutes un lieu de villégiature.

Il y a celui qui choisi la manière, dès lors la technique passe en second-plan. Le gars, il se tasse dans l’une des huttes faites de sachets et de carton, et lance ses paroles révoltées contre un quelconque système. Tel un ami compatissant du petit, très petit peuple. Ici les images sont plus sombres, forçant sur le contraste, rappelant la profondeur du noir et blanc. Et comme option, il se pourrait qu’il y ait un individu qui balance le drapeau national pour apporter plus de volume au message. Là, la Réunion Kely et ses petits très petits peuples semblent retrouver un instant d’espoir. C’est tout.

Il y a aussi celui qui mêle les deux premières catégories, avec un degré varié de technique ou de manière. Lui, il est facile à comprendre. Il veut faire comme les autres. Juste suivre le mouvement pour éviter tout risque d’être qualifié de sans cœur. Pareils aux gens qui adorent les lieux annoncés par les prêtres du « full life » comme le « là-où-il-faut-être-vu ». Ce dernier donc, il est là pour assurer cette fonction. Avec lui, la Réunion Kely et ses petits très petits peuples ne sont là que pour jouer les spectateurs d’un relent de mondanité.

Et enfin, il y a ce mec. Il est sans doute le seul dans sa catégorie. En un mot, la Réunion Kely s’est transformée en plancher pour ses pitreries. À croire que c’est sa manière de porter en miroir la condition de ces petits très petits peuples. Sans doute, il a cru que chez ces pauvres gens, il peut tout se permettre, car après tout, qu’est ce qu’ils peuvent bien faire. Eux qui subissent chaque jour sans rechigner. Dédaignant la dignité du lieu que ses occupants peinent tant à garder. Alors, le « maître Pitre » s’en est donné à cœur joie, lisible à sa manière de s’adresser à la caméra. Mais en bon enfant, d’après ce qui se voit sur le clip, les riverains semblent s’amuser de ce chanteur un peu bizarre.

En tout cas, à chacun de porter son message, peut être que tout cela réveillera des vocations aux petits de la Réunion Kely pour qu’ils s’en sortent vraiment.

Un article de Maminirina Rado

Pour note, le bidonville « La Réunion Kely » se situe à mi-chemin entre Ampefiloha et Andavamamba. Il se déroule le long du canal Andriantany, aujourd’hui derrière un mur en brique… On a pioché au hasard cette minividéo réalisée par Hazavana Manouh’ymage pour vous faire découvrir les lieux.

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Back-office : Dans les coulisses de l’émission rock « Distortion »

Le mercredi soir et le samedi en fin d’après-midi, le rock se perpétue à son rythme à travers l’émission spécialisée « Distortion ». Ici, la musique au diable retrouve son aspect rudimentaire, tout en permettant des intermèdes à la tendance populaire. Les différents genres et générations sont revisités et débattus dans le respect des valeurs et des goûts personnels des chroniqueurs, des invités tout comme des auditeurs. Aux rennes de l’émission, les membres de la Distortion Team animent adroitement les rubriques issues de recherches peaufinées sur le web, dans les magazines et les livres, chez les dealers d’album d’Antananarivo et auprès des passionnés. Zoom sur cette équipe électrisante s’étant vouée à la promotion du rock depuis 2011.

Si la communauté s’est élargie progressivement depuis sa création en 2011, le noyau dur de Distortion Team en charge de la réalisation des émissions se compose de quatre jeunes adeptes du rock.

RANDRIANOELISON Dina, alias « Slaash »

Fondateur et président de l’équipe, Slaash est à la fois modérateur et réalisateur de l’émission Distortion. Afin d’offrir aux groupes locaux un tremplin pour passer les barrières de l’underground, tout en motivant la création chez les compositeurs, il a conçu et anime la rubrique « Chart Malagasy », un hit-parade des chansons rock locales, sans distinction de genres.

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Dina – Distortion Team

RANDRIANASOLO Santatra, communément appelée « Santatra »

Santatra a intégré la Distortion Team en 2012 et est depuis la voix féminine et francophone de l’émission. Experte en documentation, elle renseigne sur la culture rock en général, sur l’évolution des genres et de la communauté à Madagascar comme à l’étranger. Elle s’occupe de la section « playlist variée » et de la rubrique « nouveautés-actualités ». Rockeuse au feeling oldie, Santatra a également joué dans le groupe Pitik’afo.

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Santatra – Distortion Team

ANDRIAHARINALA Romy Fabrice, dit « Romy »

Romy a été le binôme de Slaash depuis la création de la Distortion Team. Souple dans l’écoute tout comme dans l’appréciation de la musique, il est chargé des recherches sur les nouveaux singles et albums tous genres confondus. Il alimente ainsi la base de données de l’émission. Romy anime également la dernière rubrique de l’émission, incluant des versus entre les groupes étrangers ou locaux, et le « Chart Cover » durant les émissions du samedi.

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Romy – Distortion Team

ARIMALALA Antsa, alias « Nicolas »

Nicolas est le monsieur « portrait » de l’émission. Pendant 5 à 7 min, il propose aux auditeurs un retour sur l’histoire du rock à travers la présentation des icônes de la musique, d’évènements cultes ou de matériels intéressants. Multitâche, il s’occupe également de la conception des visuels de Distortion. Dans la team, Nicolas se reconnaît facilement avec ses cheveux particulièrement longs.

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Nicolas – Distortion Team

De la recherche à la prise des décisions stratégiques, en passant par la conception des rubriques et la logistique, les tâches sont dispatchées de manière consensuelle selon les affinités de chaque membre. Le professionnalisme est de rigueur, tout respectant une certaine liberté d’action pour humaniser la programmation.

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Pour note, l’émission Distortion est diffusée sur les ondes de la Radio Des Jeunes (RDJ-96.6 fm – Antananarivo) le mercredi soir de 22 h à minuit et le samedi de 15 h à 16 h (heures locales).

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« Indie » : mijoro amin’ny foto-kevitra « Do it yourself »

Ara-bakiteny, ny Indie dia fanafohizana ny teny anglisy « independent ». Lazain-dry zareo Frantsay hoe indé, avy amin’ny teny « indépendant ». Ny « fahaleovan-tena » no dika-teny malagasy mifanakaiky indrindra aminy. Tany Angletera no nipoitra ny mouvansa indie, tao anatin’ny tontolon’ny rock, novohizin’ireo Punk mandà ny rafitra napetraky ny indostrian’ny kapila tamin’ny taona 70.

Famaritana tsotsotra

Endrikin’ny famokarana, fanantaterahana sy ny fanaparitahana ny vokatra artistika, mijoro amin’ny foto-kevitra « Do it yourself », izany hoe tsy miandry ny hafa fa manao araky ny zava-misy am-pelantanana na azo takarina, izay no azoko hamaritana tsotsotra ny Indie.

Mpanakanto na mpikarakara, miaina na mampiaina ny zava-kanto, mety ho safidy io mety nohon’ny sivana, ivelan’ny indostrian’ny kapila mangirana, izany hoe ivelan’ny tambazotra matanjaka eo amin’ny lafin’ny famokarana sy ny fanaparitahana ny sangan’asa.

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Ny fahaleovan-tena sy ny fahalalahana, indrindra eo amin’ny lafin’ny famoronana sy ny fanatanterahana, na hoan’ny mpanankanto io na hoan’ny mpikarakara, izay no maha-indie ny Indie.

Fanamarihana :

Ny Indie tsy miavona. Afaka miara-dalana amin’ny media na ny mpamokatra raha toa ka voaaja ireo fepetra etsy ambony ireo. Ny Indie dia fahavalon’ny kolom-body sy vola.

INDIE MADAGASCAR

Hetsika karakarain’ny Buskers Magazine, Indie Madagascar dia sehatra hampivondronana, hanehoana sy hifampizarana ny zava-kanto sy ny kolontsaina malagasy azo sokajiana hoe indie. Manaja ny zon’ny artista namorona hanantanteraka am-pahalalahana ny kantony. Niatomboka tamin’ny volana desambra 2016 tao amin’ny Madagascar Underground Antsahavola – Antananarivo ka iriana hivoatra sy hitoetra eto Madagasikara. Amin’ny 01 aprily 2017 ny fihaonana manaraka ao amin’ny Is’Art Galerie Ampasanimalo – Antananarivo.

Indie-Madagascar-2017-01-04

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Nahoana no poezia sy mozika no atambatra an-tsehatra amin’ity andiany ity  ?

Raha eo amin’ny lafin’ny mozika, amiko, ny Indie tsy voatery hoe rock, na dia marina fa akaiky aminy kokoa aza io tontolo io. Efa nivoatra io fironana io. Ny foto-kevitra ijoroany rahateo dia tsapako fa iraisan’ny mpanakanto maro samihafa, na inona na inona gadona vohiziny : reggae, trad, folk, eny fa na hatramin’ny pop aza.

Raha ny mozika indie fotsiny no navoitra tamin’ny Indie Madagascar voalohany, dia hivelatra hoan’ny poezia ny hetsika amin’ity, satria misy ny poeta azo lazaina hoe indie, mahaleo tena, sarotiny amin’ny zony halalaka eo amin’ny famoronana sy ny fanatanterahana, miaina sy mampiaina ny foto-kevitra indie, na fanahy iniana io na tsia.

Aiza ho aiza ny Indie eto Madagasikara ?

Efa teo foana hatramin’ny taloha ela be io fironan-kevitra io, fa ny anarana angamba no somary vaovao amin’ny olona. “Auto-production” kokoa angamba no mahazatra antsika hatramin’izay. Betsaka ny bandikely amin’izao manatalenta kanefa tsy misy mpanosika, ka miezaka mamorona sehatra etsy sy eroa. Izy ireo no antenain’ny Buskers Magazine ho tanin-ketsan’ny kolontsaina indie eto Madagasikara. Ny fanahy efa ao, ny famoronana samy manana ny hanitra ho azy, ny teknika efa mivoatra, fa eo amin’ny fahamatorana rehefa miseho an-tsehatra sisa no mbola misy indro kely, nefa azo amboarina soamantsara.

Buskers Magazine Madagascar

(Crédit image à la une : Matchbox D.)

Comment devenir un « mpanazary » ?

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L’être de tous les temps

On commence à en douter, lorsque les gens (les Malgaches) répètent que Madagascar est un pays particulièrement riche et que les Malgaches sont un peuple sage. À titre de fondement, on énonce souvent les richesses minières, écologiques, culturelles ou la grandeur des ancêtres, ainsi qu’une panoplie de règles de conduite naturellement acquises par eux : le fihavanana, le tsiny, le tody, le lahatra… Actuellement, tout cela est à remettre en question, vu que les ressources minières, dont on est si fier, sont presque épuisées et ne risquent pas de se renouveler. Les bois précieux coupés à tort, exploités d’une manière illicitement admise par des voix hypocrites, gagnent de l’ampleur. Les normes sociales auxquelles se référaient les Malgaches auparavant demeurent des réflexions théoriques et des propos idéaux, esclaves d’enjeux politiques ou d’une personnalité quelconque en quête de pouvoir, ou d’une moindre position surélevée vis-à-vis de la populace. Le fihavanana est prôné partout et dans n’importe quelle situation, alors que le sens du « tao trano tsy efa irery » (une case se construit collectivement) disparaît petit à petit !

D’un côté, la tentation d’admettre la particularité positive de la grande île survient sans arrêt, pour ne pas dire constamment, dans l’esprit. L’affirmation s’établit à la rencontre de rares personnes sachant allier ces réflexions d’antan à la réalité des Malgaches d’aujourd’hui et à une mondialisation flagrante. La principale mission consiste là, à actualiser, sinon à réactualiser les principes fondamentaux de la société malgache : « le fanahy no olona », le fihavanana, le tsiny, le tody, le lahatra, l’anjara ou le vintana doivent être remaniés, reformulés et réappliqués dans une civilisation désormais capitalisée d’une manière anarchique et dépourvue de fondement.

La représentation de l’humain (olona) en tant qu’âme (fanahy), tienne-t-elle encore la route lorsque l’on a conscience que l’humanité de notre temps admette à l’unanimité (à quelques exceptions près), que le prestige (voninahitra) se dévoile par le biais de cumulations de richesses matérielles telles le hummer ou la « force one » malgache ? Ce n’est point là (surtout pas !!!), une moindre jalousie vis-à-vis de quelques entités absurdement incongrues que ce soit. Mais plutôt un éloge à une personne « vraie » (tena olona), dont le nom sera maintenu sous silence pour éviter la moindre réaction subjective de la part des êtres susceptibles de détenir une moindre lucidité (olona manam-panahy). A travers un texte de 5 pages environs, cette personne, à la position du « mpanazary » qu’il occupe de gré et par excellence, est l’un des rares êtres humains qui a le pouvoir et surtout, le critère que, d’ailleurs, il évoque de manière humble et spontanée au terme de ses réflexions, de se situer au juste milieu du temps, de l’espace et de la culture. Anciennement épris de pratiques ésotériques et privilégiées d’accessoires hiérophantiques, il a fait table rase de ce passé instructif, mais encombrant et s’est reprit en main en reprenant à zéro, avec rien. « Je cultive aujourd’hui mon état de mpanazary de manière à la fois simple et sobre, et m’en satisfais très agréablement. » S’exprime-t-il.

La représentation du mpanazary

Le mpanazary, c’est quoi au fait ? En quelque sorte, c’est un stade ou un degré de comportement éveillé au terme de plusieurs étapes d’attitude et de connaissance de soi. Grâce à un travail spirituel constant, après une étape profonde de pardon, de don de soi, de purification, « le mpanazary devient lui-même zana-àry en réalisant sa fusion avec Andrianana-àry, son créateur ».

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La chance l’accompagne, la prospérité le précède, et l’abondance est dans son sillage. S’abreuvant à la source de vie, il transcende son humanité, accède à la divinité et s’en va découvrir l’infinie immensité. Parvenu à ce stade ultime, le mpanazary mérite enfin son statut de Olona, humain devenu authentiquement homme, puisqu’en lui vit pleinement le Maha-olona, le « divin en l’humain ». Les propos peuvent sembler idéalistes et même abstraits, cependant, les parcours qui ont conduit l’être au stade du mpanazary sont nettement et concrètement relatés.

Devenir un mpanazary ?

Dans le texte intitulé « vintana, lahatra, anjara et maha-olona », le mpanazary stipule progressivement et explicitement les chemins qu’il a traversés jusqu’à l’atteinte de ce stade merveilleusement nécessaire.

La première étape : Celle du pardon envers autrui et soi-même, c’est panser ses blessures, effacer ses cicatrices et se nettoyer l’intérieur afin d’asseoir en soi une meilleure stabilité au quotidien. Cette volonté de se reprendre en main annonce la naissance du mpanazary – celui qui harmonise – en l’humain.

Seconde étape : celle du don, plus particulièrement du don de soi. Le mpanazary s’équilibre en créant du bonheur autour de lui, tout en nourrissant pour autrui une affectueuse attention. Certains diront empathie.

Troisième étape : celle de la purification de soi. À force de donner vie à l’amour, le mpanazary s’ouvre largement en toute quiétude sur le monde qui l’entoure. Son aura génère de la sympathie et son énergie entretient la vie. Le cœur vaillant, l’âme légère, l’esprit serein et le corps sain, il donne naissance au zana-àry en lui.

Il a évoque des rapports certains entre la constitution de la personnalité (= Nature multiplié par Milieu. Le tout à puissance Ego) et des concepts de fondement basique de la société malgache. À partir d’interprétations « à la malgache » (ady gasy), il a pu conclure que La nature ou vintana est ce qui fait l’humain vivant, olombelona. Le Milieu ou lahatra, l’humain adulte et responsable : olombanona. L’Ego ou anjara, l’humain sage et avisé : olonkendry. La Personnalité ou Maha-Olona, la renaissance de l’humain, l’Homme : Olona. « Les stoïciens pensaient déjà à leur époque : « Il y a ce qui dépend de nous, et ce qui ne dépend pas de nous. » Etablir la différence entre les deux, c’est bien. Nous occuper de ce qui est d’abord à notre portée, pour ainsi dire nous-mêmes, afin de nous préoccuper de l’univers une fois notre personnalité accomplie, c’est mieux. (…) Pour être terre-à-terre, il se convainc d’une vérité : « Plus il y aura de gens de bonne volonté qui sauront profiter de la longue pause imposée par la crise actuelle pour se façonner eux-mêmes, plus vite s’instaurera la sérénité au niveau de la nation.»

Ralf Arivelo

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